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 CoopErative OlEicole

La Cayanne

Plantation Récolte   

L'arbre

Livre des Juges ( Ch. IX.8-9)

Les arbres allèrent un jour s'élire un roi et dirent à l'Olivier "Soyez notre Roi" L'Olivier répondit : " Puis - je abandonner mon suc et mon huile dont les Dieux et les Hommes se servent pour venir m'établir parmi les arbres ?

 

L'Olivier arbre mythique

Elevant son torse tortueux et majestueux vers un ciel bleu d'azur, il a appris à braver les vents tourmentés du bassin Méditerranéen. En été, il se laisse caresser par les baisers brulants du soleil, se jouant de la lumière au travers de son feuillage bleu d’argent. Tout en plongeant ses racines au cœur d'une terre qui peut-être parfois, pauvre, voir aride, ou riche, cet arbre, dont l'allure en impose, au tronc tourmenté et noueux, est depuis toujours symbole de longévité et d'éternité. Son bois très dur, résistant, lourd et pesant, sait cependant se faire tendre sous le ciseau maintenu par la main de l'homme, libérant un parfum subtil. Dans les stigmates laissées par l'écoulement de ses veines on aime à lire l'histoire de sa vie, enchevêtrement de sillons sinueux mordorés.

Sa zone de culture est déterminée par des terrains ensoleillés et un emplacement géographique favorable. Les variétés cultivées dans notre canton, essentiellement la Cayanne, l'Entrecastelain, le Bouteillan, le Ribier ou le Belle mode bénéficient des conditions atmosphériques appropriées qui permettent la cueillette des Olives à leur parfaite maturité.

Il a subi au fil du temps d'importantes modifications dues aux variations de climat, aux transformations géologiques, et aux diverses modifications génétiques apportées hélas par l'Homme : bouturage amélioré par une greffe soit en simple fente, en couronne, écusson, ou placage, pratiqué dans l'espoir d'un meilleur rendement, ou celui d'aboutissement à une espèce plus robuste aux maladies et aux intempéries.

Apporté par la Déesse Pallas Athénée au peuple Grec, vénéré par les Romains qui le nommaient "Arbre de Minerve", sacré dans la Bible, également nommé dans le Coran, cet arbre originaire d'Asie à su braver le temps et traverser les âges pour parvenir jusqu'à nous. Il a l'éternité devant lui et il le sait. Il a consacré des Rois, nourri des centaines de civilisations de la Palestine à la Provence, conquit d'immenses contrées encore vierges donnant naissance aux plus spectaculaires des paysages bordant la Méditerranée.Il a aussi contribué à l'essor de l'économie dans beaucoup de pays.Sage parmi les Sages, tout comme un Fils, il porte en lui tout l'espoir et la mémoire du monde.

A lui tout seul il représente tant de symboles ! * de victoire.

A l’époque des jeux olympiques d'Athènes les vainqueurs recevaient une couronne tressée de brins d'Olivier ainsi que des jarres d'Huile * de longévité et d'espérance suivant les écrits d'Hérode, *de paix et de réconciliation.

Lors de la fin du Déluge, la Colombe ramene à Noé un rameau d'Olivier choisit par Dieu en signe de pardon.* de force et d'invulnérabilité.

Le lit construit pour Hercule était fait de son bois, tout comme le pieu avec lequel Ulysse terrassa le Cyclope dans l'Odyssée. *de foi et d'espérance

Sa ramure est dressée et arborée tel un emblème de paix et de fraternité, les jours de la célébration de la Pâques chez les Juifs et les Chrétiens.

Arbre des Dieux, pliant sa carrure sous le poids des ans, fier, il se dresse face au bleu du ciel aussi solide qu’un roc. Abandonné par l’Homme, il dissimule parfois sa puissance et sa force, revêtant alors l’apparence d'une énorme silhouette fantomatique au corps difforme et avachis. Mais, nullement rancunier il continu à surprendre l'Homme dans sa persévérance à produire quoi qu'il lui en coûte des olives saison après saison.L'Olivier est et restera pour toujours le plus humain et étonnant des arbres.

La fleur 

 

 

La cueillette à peine terminée, alors que les autres arbres arborent déjà leurs bourgeons, il est temps d’épurer les rameaux des gourmands poussés en cours d'année du bois mort ou pourri et de sélectionner le plus vaillants pour la nouvelle récolte. Délesté de ce surplus inutile, ragaillardi, l’Olivier renaît une fois de plus, offrant ses nouvelles blessures aux bons soins du soleil craintif de Mars, qui tout enjouant aux travers de sa toison argentée, cicatrise les blessures faites par la main de l’homme.

Les premières pluies printanières lui font une toilette d’apparat glissant le long de son corps pour pénétrer en douceur jusqu’au plus profond de ses racines.

Alors la magie s’opère. Gonflée de ce breuvage offert par les Dieux, ses veines bouillonnent et se préparent à faire exploser au bout de ses branches suppliantes tendues vers le ciel, tout un artifice de grappes de fleurs étoilées d'un blanc immaculé.

Jusque là graciles et prudentes elles restaient tapies sous l’aisselle des feuilles de l’année antérieure, dans l‘attente de cet instant ésotérique où elles pourraient lisser les limbes de soie de leur tenue de cérémonie. Aguichées par les rais de lumière de l'aube elles jouent les coquettes jusqu'aux heures les plus chaudes de la journée où alors elles se dissimulent sous les feuillages. Le soir venu, elles envoûtent de leur parfum suave l'oliveraie qui a porté en son sein toute cette attente de souhaits. Regorgeant de suc, ces fleurs à l'aspect fragile sont prises d'assaut par des milliers d'insectes qui virevoltent d'une grappe à l'autre.

Ce ballet fantastique de floraison ne durera qu'une semaine tout au plus.

Puis un matin, comme seul Juin sait en produire, nait, d'un souffle léger de la brise, la "Nouaison". Acte sublime, moment crucial pour la fleur, où Dame Nature, enfiévrée vient ensemencer d'un nuage de pollen cette ingénue, commencement d'espérance et de fortune. Victimes innocentes d'infécondité, leurs pétales tombent pour présenter au creux d'un écrin duveteux, une émeraude scintillante, le germe de la future olive, déposant alors en dernier adieu, un tapis de neige au pied de l'olivier.

Le fruit

Avec la venue de l'été, le germe devient amande, l'amande, noyau.La pulpe a pris tout son temps pour donner la forme au fruit. En Août, s'accomplit la "Venaison", seconde merveille de la nature et étape incontournable durant laquelle le fruit abandonne les "Oripeaux", vestiges de sa fleur. A cette période du cycle l’olive resplendit d'un vert sublime.

Alors que les hommes sont occupés à la vendange, elle en profite pour se gorger de lait. Puis le froid pointe son nez et à mesure que les jours poursuivent leur course, le fruit dans tous ses éclats passe par une multitude de teintes, allant du jaune emprunté au citron, par le rouge pourpré, puis vineux, pour s'enorgueillir d'un rouge noirâtre trahissant l'apogée de sa maturité. Le fruit ne devient alors qu'une myriade de diamants noirs luisants sous le soleil de Décembre. Sa chair vermeil n'est qu'infime douceur et souplesse. Un agréable parfum indéfinissable de noisette mélangé à un soupçon de truffe flotte dans l'air frais du matin.

Il est temps d'entamer les préparatifs. On déplie les filets ou les draps. On vérifie le bon état de l'osier des "gorbelettes". Les "escalouns" sortis des remises partent à l'assaut des branches.

Certain Salernois entament la cueillette encore à l'ancienne, une "gorbelette" pendue autour du cou, perché sur des échelles légères de bois afin de mieux pénétrer au cœur de l'Olivier, et ramassent à la main le précieux fruit, décrochant les fruits suspendus de leurs doigts engourdis par le froids. C'est une journée de fête qui commence, malgré le froid parfois cinglant, accompagnée par le chant des rouges gorges ou des têtes noires et le crépitement des feux de camp allumés pas loin pour se chauffer de temps en temps.

Mais ce travail est tellement plaisant et gratifiant ! Même si dans certains champs le ronronnement des machines remplace le chant des oiseaux. Les filets ont été déroulés sous les oliviers et les ouvriers armés de "peignes" ou de machines s’en vont ébranler les branches de l’arbre pour faire tomber les fruits. L’arbre dépouillé de sa récolte, les filets sont repliés afin de retirer les feuilles et les brisures de bois mort. On utilise parfois la "Ventarelle" pour cette tâche. Les olives propres sont vidées dans des cagettes ajourées avant de les porter au moulin.

Le ramassage ne peut cependant se faire trop tôt. Il faut attendre que les premiers gels flirtent un peu avec le fruit pour absorber l'eau que la pulpe a retenue pour sa survie, tout comme le degré de maturité est crucial et fondamental. Suivant celui ci, l'huile jaillira en plus ou moins grande quantité, elle sera plus ou moins parfumée, plus ou moins chargée de saveurs. Il en définira même sa couleur.

La cueillette est l’apogée de l'amour qui a lié toute une année l'Arbre et l'Homme, c’est le tribu de tous les espoirs que l'un a placé dans l'autre puis qui tout comme le fruit ont muris .

Elle représente l’aboutissement d’un labeur, taille, labourage, fumage, effectué jour après jour, suivit de la délivrance après des heures de vigilance passées à apporter des soins, à panser des blessures suite à la lutte contre les maladies et les intempéries, de la fin des combats partagés et gagnés contre l'attaque insidieuse de la mouche. Toute l'inquiétude ressentie lors des trop longues journées de sécheresse, toutes les craintes lors des orages violents, ou des gels trop précoces s’estompent enfin !

Moulin la Cayanne Huile d'olive Salernes en Provence |contact@moulinlacayanne.com
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